Jean-Luc Véret — Architectures sensibles
Dans le cadre de l’Exposition d’Art Contemporain Français organisée en Chine en 2014, Jean-Luc Véret présente une œuvre qui prolonge sa réflexion sur les rapports entre structure, espace et mémoire des surfaces. Cette participation confirme l’ancrage international de sa démarche et son inscription dans les dialogues artistiques entre l’Europe et l’Asie.
L’œuvre exposée, intitulée « New York », marque une inflexion singulière dans son travail. Si l’abstraction matérielle demeure centrale, elle s’articule ici à une évocation architecturale. Des formes verticales claires s’élèvent dans une atmosphère rouge sombre, suggérant une skyline urbaine, à la fois reconnaissable et dissoute dans la matière picturale.
La ville n’est pas décrite : elle est ressentie. Les masses rouges, profondes, presque brumeuses, enveloppent les structures comme une mémoire en fusion. Les éléments verticaux — bandes, stèles, blocs lumineux — deviennent des présences, des rythmes, plus que des bâtiments.
La surface, travaillée par superpositions, effacements et altérations, conserve cette dimension organique propre à la pratique de Véret. Même lorsqu’une référence au réel affleure, la matière reste première, porteuse de temps, de transformation et d’émotion.
Présentée en Chine, cette vision d’une métropole occidentale crée un jeu de miroirs culturels : entre imaginaire urbain globalisé et écriture abstraite personnelle. L’œuvre agit comme un seuil entre figuration et abstraction, entre architecture et sensation.
À travers cette exposition, Jean-Luc Véret affirme une fois encore une peinture de tension et d’équilibre, où la rigueur des structures dialogue avec la vibration profonde des matières.
