Jean-Luc Véret — La mémoire des surfaces
Invité du salon « Réalités Nouvelles 2012 », Jean-Luc Véret poursuit son exploration d’une abstraction profondément ancrée dans la matérialité du monde. À travers l’œuvre présentée, l’artiste affirme une écriture plastique faite de superpositions, d’effacements et de tensions entre formes construites et altérations organiques.
La composition s’organise autour d’un contraste fort : des éléments verticaux clairs, presque architecturaux, viennent s’inscrire dans une surface sombre, travaillée, patinée. Ces formes dressées évoquent à la fois des stèles, des fragments de signes ou des balises silencieuses. Elles instaurent un rythme, une respiration, au sein d’un espace dense chargé de traces.
Le fond, quant à lui, révèle toute l’importance du processus. Brou de noix, papiers intégrés, matières diluées ou saturées composent une peau picturale vibrante. Les coulures, griffures et zones d’usure ne relèvent pas de l’accident : elles participent pleinement de l’œuvre, comme autant d’empreintes du temps.
Chez Véret, peindre revient moins à ajouter qu’à révéler. La surface est travaillée, ouverte, parfois blessée, pour laisser apparaître ce qui affleure en profondeur. Cette dialectique entre apparition et enfouissement inscrit son travail dans une abstraction sensible, presque archéologique.
Sa présence à « Réalités Nouvelles 2012 » confirme ainsi la cohérence d’un parcours où la peinture devient lieu de mémoire, espace de passage entre construction humaine et érosion naturelle.
