Jean-Luc Véret — Entre transparence et ancrage
Présent au salon « Réalités Nouvelles 2010 », rendez-vous majeur dédié aux expressions abstraites contemporaines, Jean-Luc Véret y déploie une œuvre qui prolonge sa réflexion sur la matérialité de la peinture et ses capacités de transformation.
Loin d’une abstraction strictement géométrique ou conceptuelle, sa démarche s’enracine dans l’expérience physique des matériaux. Acrylique, cire, papier marouflé : chaque élément intervient comme une strate de mémoire. Les surfaces se construisent par recouvrement, ponçage, effacement partiel, laissant apparaître des zones de flottement entre opacité et translucidité.
Dans l’œuvre présentée, de larges formes claires traversent l’espace pictural comme des voiles ou des fragments architecturaux. Elles instaurent des lignes de force qui structurent la composition tout en conservant une sensation de suspension. Rien n’est figé : les plans glissent, se croisent, se répondent dans une dynamique silencieuse.
La palette, volontairement resserrée, privilégie les tensions de matières plutôt que les contrastes chromatiques. Les nuances sourdes, minérales, invitent à une lecture lente où le regard s’attarde sur les accidents, les griffures, les respirations de la surface.
Par sa présence à « Réalités Nouvelles », Jean-Luc Véret inscrit son travail dans une histoire vivante de l’abstraction, tout en affirmant une position singulière : celle d’une peinture qui ne représente pas, mais révèle — où la lumière naît du frottement même de la matière.
