La présence de Jean-Luc Véret dans « La Bible de l’Art Abstrait – Tome II » vient consacrer un parcours plastique construit dans la durée, où l’abstraction se déploie comme un champ d’expérimentation sensible plutôt que comme un simple langage formel.
Les œuvres reproduites dans cette édition témoignent d’une recherche fondée sur la stratification : papiers marouflés, cires, pigments, surfaces patinées composent des espaces denses, presque minéraux. La matière y est travaillée comme une peau — griffée, frottée, traversée de transparences — laissant affleurer des traces, des mémoires, des accidents assumés.
Dans plusieurs compositions, des formes verticales claires viennent structurer la profondeur sombre du fond. Ces présences géométriques, à la fois stèles, seuils ou balises, instaurent un rythme. Elles organisent le regard sans jamais figer la lecture, maintenant une tension entre construction et érosion.
La couleur, souvent incandescente — rouges brûlés, noirs profonds, bleus enfouis — agit comme une énergie interne. Elle ne recouvre pas la surface : elle semble surgir de l’intérieur même de la matière.
Être publié dans cet ouvrage de référence dédié aux artistes de l’abstraction internationale inscrit Jean-Luc Véret dans une cartographie élargie des pratiques contemporaines, tout en soulignant la singularité de son écriture plastique : une peinture où le geste construit, altère, révèle — et où chaque strate devient le lieu d’un dialogue entre apparition et effacement.
